Chapitre 20 qu’a retrouvé son chat
Le thé au rhum de wilbur m’avait vraiment ragaillardi. J’avais l’impression que mes neurones en avaient aussi bien profité. Mon esprit s’éclaircissait au fur et à mesure que j’approchai de la maison de Marinette. J’avais donné quelques coups de fil à gauche et à droite et ils m’avaient bien fait avancer dans cette enquête.
Marinette était en train de faire du café quand, après avoir toqué pour la énième fois contre le bois de sa porte, j’étais entré sans que l’on m’y invita.
« Ah, Ferdinand-Denis ! M’accueillit-elle en me prénommant par mon prénom, je suis heureuse de vous voir, j’ai un petit souci avec Georges. Quand vous êtes parti tout à l’heure, je lui ai demandé de m’aider à refermer la trappe du petit salon. Et là, il est devenu tout bizarre, il s’est précipité sur la bouteille que je lui avais remonté et il l’a bue d’un trait. Une poire d’Olivet à cinquante degré, je crois que, si il avait pu, il aurait même mangé le fruit qui était à l’intérieur ! Il est dans un drôle d’état ! »
Quel gâchis ! C’est vraiment de la confiture donnée à un cochon ! Je les suivis dans le petit salon, elle et sa cafetière. M. Georges, affalé dans le fauteuil machin chose était blindé comme un convois de la Brinks ! Marinette était aux petits soins pour lui.
« Allez Georges, buvez votre café, ça va vous faire du bien ! Je l’ai salé avec du sel de Guérande, votre préféré … Buvez ! Ferdinand-Denis, je vous en sers un aussi ? »
Très peu pour moi ! Je déclinais l’offre en réprimant une grimace ! J’aurai bien pris une petite poire mais le cadavre de la bouteille qui gisait à côté de Georges m’indiquait que mes espoirs n’allaient pas pouvoir se concrétiser dans l’immédiat !
« Hic, je com hic prends pas hic c’qu’hic m’arrive ma N’hic nette ! J’ai t’eu comme hic, un trou hic ! Il était hic costaud ce picrate ma poule, hic ! Mais hic vach’ment hic fruité ! Est qu’il y a quequ’un qui pourrait hic arrêter hic ce foutu hic manège ! Je crois hic que vais aller au refile Hic ! … »
Il a fallu qu’on s’y mette à deux, Ninette et moi pour l’emmener au petit coin, histoire qu’il refasse une jeunesse à son estomac. Pendant ce temps j’avais une seule question à éclaircir avec Ninette. Et sa réponse m’éclaira, m’enveloppant dans un halo de félicité bienheureuse !
« Est-ce que ce détail est très important pour vous ? »
Tu m’étonnes Ninette ! Si elle m’avait dit ça depuis le début je me serai concentré un peu moins sur d’autres broutilles ! Georges rentra.
« Dit Ninette, elle était pas un peu frelatée ta boutanche ? Il me reste comme un arrière goût ! Tiens m’sieur Clüpchnick, ça fait-y longtemps qu’vous zette zici ? »
J’ai un nom pas facile à prononcer et pourtant ce poivrot incontesté arrive après une biture carabinée à le dire sans hésitation. Chapeau !
Je lui dis que j’étais arrivé juste pour le voir dans toute sa splendeur éthylique.
« Ah v’savez j’suis pas t’jours déchiré comme un drap d’pauvre … là j’ai dû manger un truc qu’est pas passé ! »
Et il alla dans le buffet pour se sortir une flasque de derrière les verres. Un éclair fulgurant vrilla mes tympans au bruit doux qui surgit du placard.
« Scusez mais c’est mon médicament pour quand j’suis r’tourné » Et il tutoya le goulot sans attendre.
« Haaaa, fit-il en claquant de la langue, ça fait du bien part où qu’ça passe ! »
Ce qui n’allait pas passer c’est la suite ! Je lui posais la même question qu’à Ninette.
« Si quand est-ce qu’on était au restau, moi et Ninette, je suis t’été à la maison ? Bah non, j’ai juste bigophoné au beauf de mon cousin vu que c’est lui qui m’fournit en spiritueux qui d’vait passer c’soir là mais qu’j’avais t’oublié qu’on était au restau. » …
« Combien d’temps ? Bof environ le temps qui mettent au restau pour passer de l’apéro au plat principal. Dans ces eaux là. »
Marinette mit son grain de sel (qui n’est pas de Guérande celui-là).
« Voyons Georges, vous m’avez laissée près d’une demi-heure. Quand vous êtes revenu vous m’avez dit que le téléphone était en dérangement et que vous aviez dû aller dans une cabine à l’extérieur. Effectivement, le plat principal venait d’être servi ! »
Je pense que, maintenant, j’en savais assez pour remettre toute l’histoire dans l’ordre.
Par Clüpchnick, Lundi 5 Septembre 2005 à 14:30 GMT+2 dans Enquête à têtes (article, RSS)
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