Pitre 14 Au poil! De chat ...
« Eh, … M. Clüpchnick ! Réveillez-vous ! … Mon dieu … Que vais-je faire s’il ne se réveille pas … Hou, hou ! Debout ! C’est l’heure, ouvrez les yeux ! »
Marinette, je l’entendais de très loin. Elle me secouait comme un prunier en pleine saison, ce qui n’arrangeait pas le mal de crâne que je commençais à ressentir. On aurait dit que le Sacré Chœur avait élu domicile sur le sommet de ma tête et que tous les fidèles, qui étaient à l’intérieur, s’étaient mis à taper du pied en chantant du « Queen » !
« Mais il a une bosse sur la tête ! Il a dû se cogner … »
T’as raison ma grande, j’ai une bosse, mais je ne me suis pas cogné ! J’ai une pyramide qui s’est écroulée sur mon humble personne et j’ai la coloquinte en vrac. Allez un petit effort Clüp, ouvre tes jolis yeux … Difficilement, j’arrive à distinguer Ninette. Super, elle n’a pas son jogging rose pomme, sinon je crois que j’aurai fait une rechute avec un décollement de rétine aggravée. Non, en regardant mieux, je vois une jolie petite robe décolletée penchée sur moi et qui ne me donne pas du tout envie de me remettre debout. La station assise est une étape intermédiaire que j’accepte volontiers, d’autan plus que ça se met à chavirer là-haut … Je ne vous dis pas, d’ailleurs trop tard, je l’ai déjà dit ! Si je tenais l’endoffé (personne malveillante qui m’en veut personnellement) qui m’a servi du sirop de sommeil à la louche … Il n’y est pas allé de main morte !
« J’espère que vous ne vous êtes pas fait trop mal … » Marinette redoublait d’attention à mon égard. Ce qui, entre nous soi dit, ne me déplaisait pas du tout. Mais … Je lui assurai que j’étais issu d’une famille qui supportait la douleur depuis des siècles, en fait depuis l’ablation des trompes de ma trisaïeule accusée de sorcellerie par le pape Pie 7 (Pourquoi lui ? … parce que je l’aime bien) et que ce n’était pas une simple pichenette sur mon crâne d’airain qui allait me déstabiliser ! En fait … Putain, qu’est-ce que ça fait mal quand même !
Au fait ! Où est la feuille de musique ? Je regardai partout autour de moi …
« C’est cette partition que vous cherchez ? » Et Ninette me tendit la feuille que j’avais vue sous le meuble. Je ne comprenais plus rien … Pourquoi m’avait-on assommé ? Que ne voulait-on pas que je trouve ? Qui était « on » ? Ma grand-mère me disait toujours en lisant mes rédactions : « « On » est un con ! » Mais là je trouve quand m’estourbissant (ouah, c’est beau !), il est allé un peu fort ! Les qualificatifs, pour lui, qui me viennent à l’esprit sont un peu plus imagés que celui de ma grand-mère ! Il va falloir que je lui mette le grappin dessus ! Une fois mes esprits (j’en ai plein !) retrouvés, je demandai à Ninette si elle n’avait vu personne sortir de la pièce avant qu’elle n’y entre.
« Non, M. Clüpchnick … Personne … J’ai aperçu votre DS en rentrant et je suis rentrée … Quand je vous ai aperçu dans le petit salon j’ai cru que vous étiez … enfin comme Armelle … De vous perdre … Je n’aurai pas pu … Vous comprenez ? … » Je l’ai comprise et, en lui prenant la main, je lui ai demandé (non, pas sa main !) de m’appeler par mon petit nom. Les M. Clüpchnick commençaient à faire un peu snobinards dans le climat printanier qui s’installait entre nous. Et moi qui balance des Ninette à longueur de lignes ! Ah oui, il faudrait peut-être que je lui dise : Ferdinand-Denis ou bien Clüp, mais c’est plutôt les copains qui me baptisent ainsi.
« Ferdinand-Denis, se décida-t-elle, qu’est-ce qui se passe ici ? » J’aimerai bien le savoir et c’est avec regret que je lui laissai sa main afin de prendre une position plus haute me permettant de faire comme ci j’étais opérationnel à cent pour cent. Bon, on va faire une cote mal taillée à quatre-vingt huit …
La partition était sous le meuble de la chaîne haute fidélité (en français dans le texte) que je m’apprêtais à rebrancher … Avant que je n’ai eu le temps de la prendre, on m’a explosé le cervelet … Mais ce n’était pas pour la prendre puisque Ninette me l’a montrée … Alors pourquoi ? De ma position verticale, je repris la position du chien qui renifle avec le prose en l’air … Tout doit se passer là-dessous … Ninette croit bon de faire comme moi et la voilà, au ras du sol, en train de prendre des empreintes des lattes du parquet avec sa poitrine. Clüpchnick concentre toi sur ton boulot ! Et je me remis le nez dans le guidon à la recherche d'un indice.
L’éternuement que je reçu dans mon oreille gauche, m’envoya le marteau et l’enclume au fond du colimaçon ! Ninette devait être allergique à la poussière ou alors c’était ce petit courant d’air qui nous chatouillait délicatement les narines … Air qui passait par cette fente… La stupeur me frappa en découvrant ce que je découvris tout à fait fortuitement en cherchant là où il fallait. Une trappe ! Il y avait une trappe sous le meuble !
Par Clüpchnick, Mercredi 24 Aout 2005 à 23:15 GMT+2 dans Enquête à têtes (article, RSS)












