Pitre 11 Chat qui miaule …
Eh … va pas ouvrir dans c’te’t’nue, le mecton y va ‘t’faire une apoplexie en t’voyant avec les goodyear à l’air ! Et ton standing De La Touffe? Ouais d’accord tu t’assieds d’ssus … mais pas sans culotte s’il te plaît …
Sur le chemin qui me menait tranquillement vers la maison de Guislaine de La Touffe Saint Martin, je me fis un rapide bilan de mon enquête. C’était vraiment n’importe quoi ! Je pense que la mère Ninette me chamboule un peu le caberlot car, depuis le début, je ne faisais rien dans l’ordre. Un mystère s’épaississait gentiment dans le petit salon et moi, grand nigaud au cœur d’artichaut, je partais interroger la bonne sans même penser à inspecter le dit : petit salon ! Quelle cruche ! Enfin, ce n’est pas grave, ça me donnera l’occasion d’un autre rendez-vous avec Ninette. Ah, voilà la maison de Guislaine et de son jardinier ! Ding, dong ! C’est le son, je suppose, de la sonnette, car elle se situe à l’autre bout d’une longue allée qui finit par la petite « masure » de 200 mètres carré. Donc, re-Ding, Dong ! Une voix nasillarde sortit du poteau gauche de l’entrée : « Et merde, qui qu’c’est-y qui vient encore nous piétiner l’cerneau (ou nous casser les noix pour les incultes) à c’t’heure qui n’est pas chrétienne ! (Sûrement parce qu’elle est indue -indoue ?- !) »
Je me présentais au poteau qui me répondit :
« Ah ouais, le détective ! Guislaine m’a causé de vous ! Vous pouvez t’entrer. »
Un bruit de gâche électrique m’indiqua que le portail venait de s’ouvrir afin de laisser passer mon auguste personne.
« Allez poulette bouge tes fesses et va accueillir ce casse bonbons. Faut qu’on s’en débarrasse rapido car j’ai encore des p’tites choses de mon invention à t’montrer. Tu t’souviens la brouette à deux roues ? Et ben, j’te l’ai améliorée qu’tu m’en diras des nouvelles ! Eh … va pas ouvrir dans c’te’t’nue, le mecton y va ‘t’faire une apoplexie en t’voyant avec les goodyear à l’air ! Et ton standing De La Touffe? Ouais d’accord tu t’assieds d’ssus … mais pas sans culotte s’il te plaît … »
Je n’entendais plus ce que disait ce haut parleur nasillard car je m’étais avancé dans l’allée. L’interphone devait être bloqué et ça ne faisait pas sérieux d’écouter un poteau me parler aussi vertement. Au loin, j’apercevais « poulette » qui m’attendait à la porte d’entrée de cette petite maison. Elle avait revêtu un peignoir en laine peignée à la main et décoré par des artistes peignant de la bouche. Imaginez de grosses fleurs multicolores, du genre hortensias, sur fond patchwork bigarré. La baronne, bonne de Ninette, Guislaine de la Touffe Saint Martin avait une drôle de touche.
« M. Clüpchnick, quel plaisir de vous voir, me mentit-elle gentiment, permettez-moi de vous accueillir dans une tenue peu conventionnelle mais, avec Wilbur, nous prenions notre petit déjeuner. »
Je déduisis facilement avec un des multiples sens qui était en ma possession, en l’occurrence celui de la déduction, que Wilbur était le petit ami jardinier et qu’au menu de leur petit déjeuner c’était sûrement autre chose que des croissants chauds qu’ils se dégustaient ! (Qui a dit de la tarte aux poils ? dénoncez-vous !) Je fis de plates excuses sur l’heure matinale à laquelle je me présentai aujourd’hui, tout en la complimentant sur cette exquise tenue printanière qui mettait tellement en valeur ses mules en poils d’autruche roses et qui lui allait si bien ! Je ne regrettai absolument pas d’être venu si tôt car ma journée, que je prévoyais morose, allait être complètement illuminée par la vision qu’elle m’offrait ce matin. Mais malheureusement, j’avais quelques petites questions à lui poser et … oui, j’accepterai bien une petite tasse de thé mais je ne voudrai pas les déranger trop longtemps car d’après ce que j’avais compris vous aviez quelque chose sur le feu … Elle me fit donc entrer dans l’antre du jardinier Wilbur.
« Je vous présente Wilbur, mon … jardinier … ex-jardinier … mon compagnon … enfin… mon amant quoi ! »
Il me semble que ça j’avais déjà dû le comprendre ! Enchanté de connaître enfin cet être si imaginatif !
« Bonjour mon gars, me dit-il, qu’est-ce que vous venez nous chercher des noises jusque chez moi s’il vous plaît de me le dire ? »
Bien installé dans leur cuisinette (ou kitchenette en franglais !) de la taille de mon salon-salle- à-manger, je leur narrai le pourquoi du comment du chose qui avait fait que je sirotais leur cochonnerie de thé en ce moment devant leurs yeux ébahis d’inquiétude. Il me semblait que dans l’emploi du temps de Mme De La Touffe, ici présente, il y avait une discordance avec celui que m’avait donné Ninette … pardon Mme Leilah Marinette. Wilbur et Guislaine se regardèrent en se jetant un regard qui s’il n’était pas de connivence y ressemblait trait pour trait ! Avais-je mis dans le mille (Emile) en leur faisant cette remarque ?
Par Clüpchnick, Mercredi 17 Aout 2005 à 08:22 GMT+2 dans Enquête à têtes (article, RSS)












