Pitre 9 Où chat bouge !
« Mon dieu, m’appela Ninette, Armelle ! Elle est revenue !!! »
Retour à ma Déesse, après avoir allongé un pourliche long comme le bras à Akim pour qu’il répare les dégâts. Ninette (je pense que je vais l’appeler comme ça maintenant), n’en mène pas large. Elle me jette des regards à la dérobée. Je ne les ai pas volés !
Mon cerveau est en ébullition ! Je tourne et retourne les indices qui me sont parvenus lors de cette soirée, comme un steak pur boeuf sur la braise du barbecue de mon intelligence. (Ouah c’est beau, je devrai l’écrire pour ne pas l’oublier celle-là.) Mon silence l’impressionne et elle juge bon de le briser.
« Nous pourrions peut-être repartir à zéro ? … Oublions cette soirée désastreuse, j’ai bien d’autres effets personnels qu’il me plairait de vous montrer, notamment un petit body bordeaux qui me sied à ravir et que je n’ai jamais étrenné. » Mon imagination me montra très bien comment était Ninette dans ce body. Magnifique ! Avec son avant scène qui la précédait de quelques, mais avantageux, centimètres elle était magnifique ! Mais, car il y a un mais, M. Georges avait mis le doigt sur quelque chose d’important : pour une « ex-mère » elle pouvait faire concurrence à « la veuve joyeuse ». Elle ne semblait pas désemparée par la disparition d’Armelle. Je lui en fit par avec le tact habituel inhérent à ma profession. Elle remisa son body dans un coin et laissant couler une larme sur sa joue en peau de pêche (je suis atteint moi !) elle me dit :
« Armelle était l’enfant d’une dispute. Son père, que le diable l’emporte, s’était emporté à propos d’une fugue de Bach (cf. : Pitre 1). Ensuite il s’est emporté ailleurs et a fugué lui-même. Oh pas bien loin, deux heures plus tard il était de retour pour faire son mea-culpa et ma fête par la même occasion. Le temps de me retourner et il était reparti. Vous comprenez, il l’a fait exprès. Depuis ce jour à chaque fois que je vois, pardon, voyais Armelle c’est cette « sous chose » qu’était son père que je voyais … C’est terrible, je n’ai jamais pu avoir de relation normale avec ma fille et avec d’autres hommes non plus ! »
Nous étions arrivés. Mme Leilah, Marinette, Ninette descendit de la voiture en relevant très haut cette robe qu’elle n’enlèverait (malheureusement pour moi) que seule dans sa chambre. Je l’accompagnai jusqu’à la porte. A peine celle-ci fut elle ouverte qu’une musique nous titilla bizarrement les oreilles. Pourquoi bizarrement ? Tout simplement parce qu’elle provenait du petit salon et que c’était …de la contrebasse !
« Mon dieu, m’appela Ninette, Armelle ! Elle est revenue !!! » Et elle tombit dans les pommes ! Je la rattrapi avant qu’elle ne touchut le sol. Pour vous dire, ça m’avait mis dans un drôle d’état aussi. Après avoir installé confortablement Ninette sur la carpette en bas de l’escalier, je m’approchai du petit salon. La musique continuait puis s’arrêtait et reprenait après quelques erreurs. Armelle répétait son solo ! La main sur la poignée en cuivre de la porte, je pris mon courage avec l’autre et j’entrai … Armelle ne répétait pas … elle ne répèterait plus d’ailleurs ! Non, c’était M. Georges … Je m’explique : il ne joue pas, il roupille en ronflant comme un escadron de Harley Davidson sur la route 666 lové au pied du métronome d’Armelle. Mais je l’entends beaucoup moins que cette satanée contrebasse qui laisse passer quelques fausses notes sur la chaîne HI FI du salon ! Un enregistrement ! Le mystère s’épaississait façon purée de pois ! Je commençai à croire qu’Armelle nous cachait quelque chose ! Il fallait que je fouine un peu plus de ce côté … non pas par là … de l’autre ! D’un index rageur j’appuyai sur Stop ! M. Georges en profita pour se retourner et d’un seul coup les Harley s’éloignèrent. Puis un fauteuil Louis quèqu’chose accueilli mon fondement et son dossier, le siège de mon intelligence… La fatigue m’entraîna dans les limbes de mon inconscience où Ninette me faisait un strip avec son body debout sur la Contrebasse pendant que M. Georges jouait des coquilles Saint Jacques avec Franz qui dirigeait et Guislaine de la Touffe St Martin qui servait les boissons avec une binette de jardinier sous le bras … Akim, lui, taillait le mouton pour les kebabs pendant que son bouiboui cramait … Tout va pour le mieux …
Par Clüpchnick, Mardi 16 Aout 2005 à 09:05 GMT+2 dans Enquête à têtes (article, RSS)












