Pitre 8 Chat dure !
Je crois que ce soir encore, je vais devoir me la mettre sous le bras ...
Le M. Georges avait l’air très en colère. Il s’approcha de Marinette. Son haleine ressemblait vaguement à un lendemain de marché au poisson après une grande marée dans un abattoir abandonné. Le tout rincé au vin blanc (poisson oblige !).
« Espèce de sorte de gour, hic, gourde, hic, gourgandine hic ! Sortir avec ton gode, hic, gode, enfin ce gode hic, godelureau ! Cassez –vous l’tronc à faire hic, des ronds hic de jambes à n’plus savoir, hic dans quel sens tourner hic, et un trou… un trou du hic, … un andouille vient vous faire un croche hic, croche patte ! Dedieu, quelle gamelle ! Elle est hic, jolie l’ex-mère ! Fifille passe l’arme hic, à gauche hic et Jo, Jo, Georges qu’est-ce qu’hic d’viens-tu ? Tu noyes ton cha … hic grin ! Oh pas à cause de la muse hic sienne … Cause qu’elle le hic … mérite pas ! Non, mais cause que hic … l’ex-mère est lib’ de son corps que j’en hic… rêve … même le jour … quand j’ai pas hic trop mouillé la dalle ! Et voilà-t-y pas qu’l’aut’s’pointe hic, ouais … toi Pluk … chni … hic … Clipchnu avec un blase à pieuté dehors avec un t’hic quet d’log’ment … et Marinette m’oublille d’un seul coup hic … comme sa vieille cul … hic lotte en coton d’après c’que peuve m’aperce … hic voir d’ici ! "
« Voyons, M. Georges remettez-vous ! Ne faites pas tant d’esclandre ! » Marinette ne savait plus quoi dire ! Quant à moi, le chevalier servant, je laissai la situation vaudevillesque prendre un peu d’ampleur avant de vider l’opportun de notre espace vital ! J’apprendrai sûrement plus de chose en les laissant parler qu’en les questionnant, même avec l’habileté qui est la mienne, reconnue dans le monde entier.
«Pas d’exclande hic, pas d’exclande, tu disais pas ça Ninette (sûrement le diminutif de Marinette) en visitant ma cave pendant qu’j’t’nettoyai la case au trésor, qu’en avait bien b’soin, entre nous soye dit. Elle pouvait s’astiquer l’solo à plein tube sur sa con très basse, la gamine, maman elle en avait rien à cirer … façon d’parler, hic, parc’que j’étais hic … là moi. Sur ce hic … je te tire hic … mon révérant … pardon … ma révérence … hic sal … sale … salut hic ! » Et après s’être pris le pied gauche dans le tapis et avoir entraîné dans sa chute la nappe et les deux royals qu’Akim nous avait apporté entre-temps il rampa digne et fier vers la sortie sous les applaudissements du public qui n’en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. Mon rendez-vous tournait à la farce.
« Ne croyez rien de ce que ce pauvre M. Georges nous a bonni, cher M. Clüpchnick, il était un peu éméché. Sûrement la douleur des tristes évènements qui nous affligent en ce moment. Armelle l’appréciait beaucoup, il était comme un grand frère pour elle, toujours aux petits soins. Il l’aimait énormément, vous savez. »
J’aime bien qu’on me bourre le moût quand ça vient d’une femme telle que Marinette, mais il ne faudrait pas qu’elle prenne ma vessie pour une lanterne car la brûlure pourrait réveiller en moi l’enquêteur implacable que je suis. Mais avant … « Votre père devait être un grand voleur pour avoir réussi à vous donner les deux émeraudes que vous avez dans les yeux ! » Celle-là il fallait que je la case. Voyons l’effet ! J’éteints rapidement l’incendie qui commence à se propager à nos pieds, car les bougies n’ont pas attendues la sortie de M. Georges pour mordre à belles dents enflammées dans la nappe de tissus non ignifugée qui gît sur le sol de lino imitation parquet.
Effet obtenu : bouche bée et regard enamouré. Maintenant la douche écossaise ! Je lui demande ce qu’elle faisait le soir où sa fille sautait à l’élastique avec une des cordes de son instrument.
« Mais … mais … vous ne pensez pas que … »
Non je ne pensais pas. Continuez !
« Laissez-moi reprendre mes esprits. Ce soir là, j’ai donné congé à Guislaine un peu plus tôt que d’habitude parce que nous devions dîner en ville, Armelle, M. Georges et moi … Seulement au dernier moment, alors que nous allions partir, Armelle s’est subitement désistée sous prétexte qu’elle avait oublié que Franz Heusisch devait lui amener quelque chose pour son concert du Zénith de Croymois (commune de Sichteldi dans l'Eure). Mais ni Jojo, pardon M. Georges, ni moi n’avons cru à cette fable ! Nous sommes, malgré tout, allé dîner tous les deux dans un petit restaurant du centre ville. Lequel ? « Au cochon tout est bon » rue du Lardoire. Quand nous sommes rentrés ? Vers 23 : 30 d’ailleurs nous avons entendu Armelle jouer dans le petit salon. Non, nous ne l’avons pas dérangée car elle ne supporte pas qu’on la coupe en plein solo ! Je pense que maintenant nous devrions rentrer, ne le croyez-vous pas ? »
Sacré Georges, il m’avait plombé ma soirée ! Je crois que ce soir encore, je vais devoir me la mettre sous le bras en espérant des jours meilleurs. Mais … mais je n’avais quand même pas perdu mon temps et je pense que Marinette ne me tiendrait pas rigueur de cette soirée manquée. Je ne baisais, pardon, ne baissais pas les bras !
Par Clüpchnick, Dimanche 14 Aout 2005 à 08:46 GMT+2 dans Enquête à têtes (article, RSS)












