Clüpchnick

Pitre 6 C'est toi le chat !

Marinette me tomba dans les bras ...
19 :00 Je rentre au bureau … ma secrétaire particulière me dit de sa voix monochrome que : «Vous n’avez pas de nouveaux messages », ce qui ne me surprend guère vu que je n’ai plus le téléphone ! Y en avait marre de ces nouveaux acharnés du boulot téléphonique qui veulent nous refourguer à tout prix, sous prétexte d’une analyse d’eau ou d’un sondage sur la TV un adoucisseur tribulé sur robinet à inverseur automatique ou une antenne multi grouillaphasé à ondes anti-pluridisciplinaires SAT (Salut à tous !)! J’ai pris mon téléphone après le dernier appel de ce genre, j’ai arraché sauvagement la prise et je les ai mis (Le téléphone et sa prise) dans le réfrigérateur (Pour avoir des nouvelles fraîches !) Et comme je n’ai pas de réfrigérateur … je n’ai pas de téléphone. CQFD !
Je n’ai pas oublié mon rendez-vous (en anglais dans le texte) de ce soir avec Marinette. Notez que je l’appelle Marinette quand je vous parle, mais avec elle c’est encore Madame Leilah mère éplorée de la jeune Armelle. Quoique sur ce dernier point il y aurait peut-être une mise au point à faire !
Le supermarché du coin m’a fourni aimablement contre argent comptant un petit flacon de déodorant. Ça non plus je n’ai pas oublié. Ma chemise du jour, humidifié par les larmes de Marinette, est remplacée par celle de la veille qui, après tout, n’est pas si froissée que ça. Des chaussettes neuves et me voilà un homme neuf !
Ding dong ! Fait la sonnette quand je lui chatouille le bouton (quand on appuie dessus ça fait drriiiing et quand on le rate ça n’fait rien, c’est pas grave !).L’huis sied devant moi. Ce qui est une manière de dire que je suis devant la porte. Il est 20 :30. G. de la T.S.M. vient m’ouvrir.
« Ah, c’est vous M. Clüpchnick ! Marinette est en train de se pomponner. Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, mais la dernière fois que je l’ai vue aussi heureuse c’est quand elle a réussi à voir «Autant en emporte le vent » en entier. N’allez pas nous la rendre malheureuse en profitant de sa détresse. On les connaît les bonshommes une fois qu’ils ont fait baver l’escargot, ils ne restent pas pour le préparer ! »
Je lui assurai que mon escargot allait rester dans sa coquille quand Marinette descendit les escaliers. Elle était fabuleuse dans cette robe en satin de hollande tissé (le satin) par de jeunes vierges (très rare en hollande). Le tissu était tellement fin que l’on pouvait deviner sur sa peau, les fameux dessous coquin qu’elle m’avait promis. Mais moi, vous me connaissez, je ne regardais que ces yeux, enfin les siens, et je m’y plongeais comme au premier jour. (Cf. : Pitre 1). Je ne sais pas si c’est l’ardeur de mon regard ou le fait que sa robe soit trop longue, toujours est-il qu’elle trébucha dans l’escalier et ne dû son salut qu’à ma promptitude à réagir devant l’urgence de l’action immédiate. J’étais en bas, elle m’est tombée dans les bras ! Ou plus exactement sur moi ! Ce qui revient pratiquement au même, si ce n’est que dans le deuxième cas, le mien … ça fait mal ! Pour Marinette c’était une aubaine elle n’avait même pas un accroc à sa robe. Quant à moi, la douleur intercostale fulgurante qui avait faillie me faire tourner de l’œil fut aussitôt oubliée par la mise en avant d’un décolleté plongeant arrivé brutalement dans la chute sous mon nez ! Décolleté qui me dit d’une voix suave :
« Comme quoi … Avoir un homme à la maison ça a parfois du bon ! Vous avez changé de parfum ? »
Le flacon de déodorant n’avait pas résisté à ma générosité proverbiale.
Après avoir remis de l’ordre dans nos tenues respectives (ma chemise est définitivement froissée), nous partîmes vers le lieu de nos futures agapes dans ma voiture présidentielle (moins percée que celle du Général de Gaulle) : la Déesse de M. Citroën. Guislaine de la Touffe St Martin ne pu s’empêcher de me faire un clin d’œil réprobateur (pourquoi toujours de connivence ?) quant à la suite probable de la soirée.
Je ne sais pas si elle savait, toujours est-il que, même moi, je ne me serai jamais douté de ce qui allait survenir. Et pour cause … ce n’est pas encore écrit !

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